Essaouira la blanche, Essaouira la gourmande

Je suis enfin allée à Essaouira, depuis le temps que j’en rêvais, 7 ans à vrai dire, depuis un premier voyage au Maroc (un tour villes impériales et désert). Nous étions revenus de ce voyage avec une seule chose en tête, y retourner, mais plutôt au bord de mer que nous n’avions pas fait et à Essouira tout particulièrement. C’est clair que ce petit St Tropez pittoresque et baba cool marocain nous a attiré dès les premières images et documentaires que nous avons vus.

aeb844aea73911e192e91231381b3d7a_7

Il y a donc longtemps que je voulais faire ce voyage, mais je n’avais pas mesuré à quel point nous allions bien mangé, du petit café berbère familial au restau végétarien baba fusion, en passant par le café lounge en terrasse surplombant la mer et les petits et grands restau traditionnels, exposés sur les remparts ou planqués en pleine médina.

b1696beea99911e180d51231380fcd7e_7

Il faut dire qu’un petit port de pêche, dans une région aussi typique et traditionnelle, ne pouvait pas décevoir les fans de poisson que nous sommes. De bons produits, cuisinés par des gens heureux de faire découvrir leur culture culinaire, des gens qui prennent le temps, au rythme de la douceur de vivre d’une médina aussi charmante que petite et authentique.

659d11b8a81b11e1a9f71231382044a1_7

Ainsi j’ai pu être bluffée dès le premier dîner par la finesse d’une tranche de mérou cuite à la perfection au Taros, le bar-restaurant lounge dont la terrasse bénéficie de la meilleure exposition en hauteur au bord de mer. Une prouesse à mon sens, je n’avais jamais mangé de mérou aussi bon simplement grillé, vu que c’est poisson dont la densité de la chair nécessite souvent une sauce, souvent mal mis en valeur dans les préparations des restaurants qui s’aventurent à le cuisiner.

0bf41614a73211e19894123138140d8c_7

Et ce n’était que le début d’un week-end gastronomique qui n’en finissait pas de nous régaler, comme ce tajine de poisson à la Licorne, un restaurant sur les remparts au cadre traditionnel et à l’ambiance chaleureuse. Mais c’est le dessert qui m’a laissé un souvenir encore plus mémorable avec cette « crêpe Suzette » sans alcool, juste travaillée au jus d’orange frais transformé en sirop onctueux et goûteux, un délice !

e40e179aa78011e18cf91231380fd29b_7

Pour ce qui du petit restau traditionnel planqué dans une ruelle insoupçonnée de la médina ; c’est sur le terrain le plus délicat me concernant qu’il nous a agréablement surpris : je n’envisageais pas de passer un week-end dans un port de pêche marocain sans manger un couscous au poisson, qui est à la base une spécialité tunisienne, ceci dit très bien cuisiné au Maroc. N’en trouvant pas sur la carte de la plus part des restaurants, nous avons fini par demander conseil à la réception du charmant riad où nous logions. Le personnel très attentionné s’est empressé d’aller voir le petit restaurant traditionnel de la ruelle d’à côté, M’riste Jouhar, pour revenir nous demander vers quelle heure nous souhaitions déguster notre couscous ! C’est donc un couscous au poisson sur demande que nous avons eu le plaisir de goûter, dans une version typiquement marocaine. C’est à dire que j’y y ai retrouvé la grande variété légumes que dans ma recette familiale à la viande d’origine tunisienne, tandis que les légumes du couscous au poisson à la tunisienne sont en général plus limités (courgettes, poivrons, pomme de terre…). Garnie de beaux morceaux de lotte, couronnée de raisins secs et oignons caramélisés, arrosée d’un bon fumé de poisson comme il se doit, bref cette version marocaine n’avait rien à envier à sa cousine tunisienne et que j’avais déjà eu l’occasion de goûter chez Fatéma Hal lors d’un dîner de réveillon.

d97e7100a80a11e18cf91231380fd29b_7

Un couscous aussi bon que copieux, mais aussi digeste, puisqu’il nous a laissé juste la place pour déguster une délicieuse soupe Haïra et un tajine… de sardines 🙂 le soir même au Sirocco, joli restaurant dans la rue même du riad au décor soigné et à la cuisine typique.

f3e4fe88a8cd11e1aebc1231381b647a_7

Mais nous ne nous sommes pas seulement faits servir durant ce séjour, nous avons aussi mis la main à la pâte, tant qu’à faire ! 🙂 Et lorsqu’on aime faire la cuisine et qu’on apprécie autant la gastronomie marocaine, à Essaouira, on va à l’Atelier Madada profiter des conseils bien-veillants de Mona et Nour-eddine, dans un cadre fort sympathique, entre modernité et tradition. Ainsi j’ai pu perfectionner ma technique de la Chakchouka (salade cuite de poivrons et tomates), que je connaissais aussi sous sa forme tunisienne (avec des oignons en plus). Mais la vraie leçon, fut sur le tajine d’agneau aux carottes et tomates caramélisées, un plat d’une finesse insoupçonnée ; cuit sur le gaz dans un vrai plat à Tajine, à l’inverse de ceux que je fais avec les moyens du bord en général chez moi, dans un faitout sur induction, avant de servir dans le plat en terre.

18b863a8a8ce11e1bf341231380f8a12_7

A savoir que le tajine en faitout n’est pas une hérésie, mais nécessite simplement de faire dorer un peu les ingrédients avant laisser cuire à couvert ; contrairement à la cuisson en plat en terre, que l’on peut mettre directement couvert sur le feu pour laisser agir la vapeur lentement. Bref un petit tour au marché pour faire le plein d’épices chez le fournisseur préféré de l’atelier pendant que notre Tajine mijotait justement et c’était pile le bon moment pour revenir déguster notre œuvre ! Une matinée très sympathique donc, un grand merci à nos hôtes pour nous avoir transmis leur savoir faire avec autant de passion et de gentillesse.

ccbd92b6a8cd11e188131231381b5c25_7

Après autant de travail :), il nous fallait un endroit très détente, pour se la cooler douce à l’occasion de notre dernier dîner à Essaouira. On ne pouvait pas trouver mieux que le Triskalla café, installé sous les voûtes d’une ancienne église anglicane et dont les pierres ont été taillées plus récemment en bas relief par un artiste contemporain. Déco et ambiance babacool, fond musical assorti :), côté carte, c’est une cuisine veggie-fusion surprenante qui nous a enchantés, à base de produits frais, bio et locaux ! Ca fait envie hein ? Je vous livrerai plus de détails dans une chronique très prochainement :).

Triskala1

Pas question de quitter cette petite ville portuaire sans en profiter jusqu’au bout et surtout sans avoir goûté au fameux tajine de boulettes de sardines présenté par Cyril Lignac dans l’une de ses émissions quelques semaines avant :). Il nous restait encore quelques heures avant le décollage et un déjeuner pour s’exécuter :). Seulement voilà, comme le couscous au poisson, bien qu’étant un plat traditionnel de la région, ce tajine était quasiment introuvable à la carte des nombreux restau du port et de la médina. Je ne dis pas que nous prétendons avoir exploré Essaouira dans ses moindre recoins en moins de 5 jours, mais bon…. C’est au petit Café Berbère, que Nour-eddine de l’Atelier Madada, nous avait indiqué la veille, qu’on nous a gentillement préparé ce plat, là aussi à la demande ! Un petit tour au marché au poisson juste à côté pour vérifier qu’il y avait bien des sardines à la criée ce jour là :), ça a bien failli louper, jusqu’au dernier moment où une caisse est sortie par miracle sur un étalage… Et moins de 2h après, voilà le travail…

268606

Pour retrouver ma version de cette recette, ça se passe ici.

511d91dca72011e1af7612313813f8e8_7

Un régal évidemment (recette à venir également sur ce blog :)), mais surtout une succulente façon de clôturer ce séjour gourmand, qui a eu je dois dire un certain goût de magie, surtout lorsqu’on regarde cette vue à 360 ° sur la mer et la médina depuis la terrasse de notre riad :

e65d6a92a6a811e1ab011231381052c0_7

Ah j’ai failli oublié un détail qui a amplement contribué à l’enchantement de ce séjour : l’omniprésence des chats, en liberté, nourris, soignés et respectés par les habitants. Des chats, pas vraiment domestiques, mais pas du tout sauvages ni craintifs, tellement habitués à ce qu’on les laisse en paix, que même notre objectif insistant n’a pas dérangé cette maman avec ses petits dans leur bain de soleil 🙂

f196403ea73211e19894123138140d8c_7

7 réponses sur “Essaouira la blanche, Essaouira la gourmande”

  1. Essaouira la blanche, mais aussi la bleu pour la couleur de ses ports et de la bande bleu qui caracterise les ruelles de la medina et beacoup de fenetres. Pour gouter une cuisine marocaine excellent il faut aller manger
    au restaurant La vie est belle, 6 place Chrib Attay, rue Laalouj . Miel et amandes, avec oignons, pruneaux, agneu, donne une saveur inoubliable a ce tajine qui dans d autres restaurants au Maroc va disparaitre.
    Un gout douce mais pas faible, pour un plat qui n est pas seulement a gouter avec la langue, mais aussi avec les yeux. Un plat prepare avec toute le soin et la patience qu il faut, sans hate, et sans arnaque.
    Une maitre chef qui doive etre renomme par son talent sans arrogance, et par le touche de poesie qui ont peut admirer dans la voute de la cuisine : un ciel bleu plein d etoile. Meme les couleurs des plat et de la vaisselle
    n’ est pas la par hasard : une refine melange de blanc, gris, bleu et violet.
    Et hors de la cuisine le meme ciel avec etoile surplombe ceux qui ont fait la bonne choix de manger ici.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *